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Renault Kadjar : 4 moteurs à éviter absolument

// 15 juin 2026 // 14 min
Renault Kadjar : 4 moteurs à éviter absolument

Plus de 500 000 Kadjar vendus en France depuis 2015 : le SUV compact de Renault a clairement trouvé son public. Pourtant, derrière ce bilan commercial flatteur se cache une réalité que tout acheteur potentiel devrait connaître avant de sortir son chéquier. Certaines motorisations du Kadjar cumulent des défauts structurels graves, capables de transformer un achat a priori raisonnable en gouffre financier. Voici le panorama complet des blocs à fuir, avec les données chiffrées qui font mal.

Motorisation Période Problème principal Coût réparation Risque
1.6 TCe 165 ch 2017-2020 Dysfonctionnements antipollution 800-2000 € Modéré
1.3 TCe 160 ch 2018-2022 Problèmes électroniques et turbo 2000-4000 € Élevé
1.3 TCe 140 ch 2018-2021 Injecteurs défaillants et injection 1500-3500 € Élevé
1.2 TCe 130 ch 2015-2017 Casse moteur par surconsommation d'huile 5000-8000 € Très élevé

Les motorisations dangereuses du Kadjar première génération (2015-2019)

La première série du Kadjar a séduit par son habitacle généreux et son agrément de conduite. Deux moteurs essence de cette période posent néanmoins des problèmes suffisamment graves pour justifier une mise en garde ferme.

Moteur n°1 : 1.2 TCe 130 ch, le bloc qui détruit votre moteur

Franchement, ce moteur est le pire choix possible sur un Kadjar d'occasion. Le 1.2 TCe 130 ch produit entre 2015 et 2017 concentre un défaut de conception majeur : une surconsommation d'huile massive qui conduit, sans exception ou presque, à la destruction exhaustive du bloc. Les coûts de remplacement oscillent entre 5 000 et 8 000 euros, soit fréquemment plus que la valeur marchande du véhicule.

Concrètement, le déséquilibre des pressions internes aspire l'huile du carter vers les cylindres. Elle brûle avec le carburant, encrasse progressivement les soupapes et prive le moteur de sa lubrification. Résultat : une dégradation irréversible qui s'emballe sans prévenir. Dès 30 000 km, les premiers signaux apparaissent chez la quasi-totalité des exemplaires de cette période.

Renault a tenté plusieurs modifications techniques en cours de production. Ces ajustements n'ont pas suffi à enrayer le problème. Les propriétaires qui n'ont pas surveillé leur niveau d'huile toutes les deux semaines ont souvent appris la mauvaise nouvelle en voyant le message "Risque casse moteur" s'afficher, ou pire, en tombant en panne sur l'autoroute.

Les signaux à repérer avant que tout soit perdu :

  • Bruits métalliques caractéristiques dès la mise en route à froid
  • Fumées bleues persistantes sortant de l'échappement
  • Consommation d'huile supérieure à 0,5 litre pour 1 000 km
  • Voyants moteur qui s'allument sans raison apparente identifiable
  • Message d'alerte "Risque casse moteur" sur le combiné de bord

Je déconseille catégoriquement l'achat de tout Kadjar équipé de ce bloc, quelle que soit son apparence extérieure ou son kilométrage affiché. Le risque financier est tout simplement trop élevé.

Moteur n°2 : 1.6 TCe 165 ch, les ennuis antipollution qui s'accumulent

Arrivé en 2017 pour étoffer la gamme, le 1.6 TCe 165 ch n'affiche pas la même dangerosité que le 1.2 TCe. Cela ne veut pas dire qu'il est sans reproche. Son système de dépollution révèle une fragilité chronique qui génère des interventions répétées et une fiabilité globale décevante.

Les sondes lambda lâchent souvent avant 50 000 km. Le catalyseur s'encrasse prématurément. Ces défaillances déclenchent le voyant antipollution, placent le moteur en mode dégradé et font grimper la consommation de carburant. Les réparations coûtent entre 800 et 2 000 euros, une addition moins dramatique qu'une casse moteur mais suffisamment irritante pour peser sur le budget annuel.

Pannes fréquentes rapportées par les propriétaires :

  • Surconsommation de carburant liée au mode dégradé
  • Perte de puissance soudaine en conduite normale
  • Encrassement accéléré du catalyseur avant 60 000 km
  • Sondes lambda défectueuses nécessitant un remplacement précoce
  • Allumage répété du témoin antipollution sans cause identifiable

La garantie constructeur absorbe ces coûts sur les véhicules récents. En occasion, c'est une autre histoire. Ce moteur convient surtout aux acheteurs qui font de longs trajets autoroutiers, lesquels limitent l'encrassement du catalyseur, mais les usages urbains intensifs l'épuisent rapidement.

SUV Renault Kadjar rouge garé sur pavés devant bâtimentSUV Renault bleu stationné sur route forestière

Les pièges du Kadjar restylé (2019-2022)

Le restylage de 2019 promettait une nouvelle génération de motorisations plus abouties. La réalité s'est avérée plus nuancée : le moteur 1.3 TCe, issu d'un partenariat entre Renault et Mercedes-Benz, arrive avec ses propres fragilités.

Moteur n°3 : 1.3 TCe 140 ch, quand les injecteurs deviennent le point faible

Sur le papier, ce moteur cochait toutes les cases : conception moderne, partenariat prestigieux, efficience améliorée. Dans les faits, le système d'injection du 1.3 TCe 140 ch révèle une sensibilité aux conditions d'utilisation qui finit par coûter cher. Les injecteurs se grippent, le calculateur d'injection flanche par grand froid, et les symptômes s'invitent au quotidien.

Les ratés à l'accélération et les démarrages laborieux en hiver représentent les plaintes les plus fréquentes. Les réparations restent dans une fourchette de 1 500 à 3 500 euros, moins catastrophique que la casse d'un 1.2 TCe, mais les pannes récurrentes installent une méfiance permanente chez les propriétaires. Pour un moteur censé représenter le meilleur de la technologie franco-allemande, c'est franchement décevant.

Symptômes caractéristiques :

  • Témoin d'injection qui s'allume de façon intermittente
  • Surconsommation de carburant anormale sur cycle mixte
  • Démarrage difficile lors des matinées hivernales
  • À-coups perceptibles lors des accélérations en ville
  • Ratés moteur se manifestant à mi-régime

Moteur n°4 : 1.3 TCe 160 ch, un turbo poussé dans ses retranchements

La version 160 ch du même bloc pousse davantage l'architecture dans ses limites. Le turbocompresseur et ses composants de régulation montrent des signes de fatigue précoce. La wastegate se grippe, les durites de dépression cèdent, les capteurs de pression défaillent : autant de défauts qui provoquent des chutes de puissance brutales et des diagnostics complexes.

Entre 2 000 et 4 000 euros de réparations : voilà ce qu'il faut prévoir quand le turbo commence à donner des signes de faiblesse. La cylindrée réduite de 1,3 litre, poussée à produire 160 chevaux, supporte mal une utilisation sportive régulière. Les propriétaires qui roulent vite apprennent souvent cette leçon à leurs dépens. Une consommation d'huile turbo anormale figure parmi les premiers indicateurs à surveiller.

Points de vigilance spécifiques à ce bloc :

  • Consommation d'huile anormalement élevée liée au circuit turbo
  • Durites de dépression fragiles cédant sous contrainte thermique
  • Wastegate bloquée entraînant une surpression dangereuse
  • Capteurs de pression turbo tombant en panne prématurément
  • Pertes de puissance brutales et inattendues sur route

D'autres fragilités à connaître sur le Kadjar

Les problèmes du Kadjar ne se limitent pas aux blocs moteurs. Plusieurs équipements récurrents posent des difficultés qui méritent d'être mentionnées.

Le système R-Link, bête noire des premiers modèles

Le multimédia R-Link embarqué sur les premiers millésimes a généré une quantité impressionnante de réclamations. Bugs répétés, redémarrages spontanés, écrans qui noircissent sans crier gare : la fiabilité logicielle laissait sérieusement à désirer. Renault a déployé plusieurs mises à jour correctives, mais certaines unités présentaient des défauts matériels nécessitant un remplacement complet du module, une intervention coûteuse hors garantie.

Chaîne de distribution : surveiller les diesels

Plusieurs moteurs diesel du Kadjar peuvent souffrir d'une usure accélérée de la chaîne de distribution, spécialement quand les vidanges ont été négligées ou espacées. Des tendeurs défaillants accélèrent le phénomène. Les bruits métalliques au démarrage et les voyants moteur intermittents constituent les premiers signaux d'alerte. Mieux vaut intervenir préventivement : si la chaîne casse, les dégâts sur le reste du moteur se chiffrent en milliers d'euros supplémentaires.

Une électronique globalement peu fiable

La fiabilité électronique du Kadjar reste l'un de ses points faibles les plus constants. Les aides à la conduite dérèglent fréquemment, les radars de stationnement se mettent à biper pour rien, et des "consommations fantômes" vident quelquefois la batterie à l'arrêt. Pannes courantes recensées :

  • Problèmes de centralisation des ouvrants
  • Dysfonctionnements de la climatisation automatique
  • Radars de stationnement se déréglant sans choc apparent
  • Capteurs d'angle mort tombant en panne prématurément
  • Décharge batterie liée à des consommations résiduelles parasites

Ces défauts électroniques rejoignent, d'une certaine façon, les enjeux de complexité technologique qu'on retrouve dans d'autres domaines : quand les systèmes embarqués deviennent trop sophistiqués, la robustesse en prend un coup. Pour mieux comprendre jusqu'où peut aller la complexité des systèmes de calcul modernes, un détour par l'informatique quantique et les ordinateurs à calcul quantique donne une perspective intéressante sur l'évolution des architectures numériques.

Comment repérer un Kadjar à problèmes avant l'achat

Ce que l'essai routier doit vous révéler

Un essai de 20 minutes par beau temps ne suffit pas. Exigez de démarrer le moteur à froid : c'est dans ces premières secondes que les défauts se trahissent le mieux. Claquements métalliques, fumées à l'échappement, voyants qui clignotent brièvement avant de s'éteindre : ne laissez rien passer.

La couleur des fumées dit beaucoup. Bleu signifie huile qui brûle, donc consommation anormale. Blanc persistant peut indiquer une infiltration de liquide de refroidissement. Aucune fumée au bout de quelques minutes de chauffe, c'est ce qu'on attend d'un moteur sain. Testez tous les régimes, du ralenti à la pleine charge, et observez les réactions de la boîte de vitesses.

Points de contrôle à ne pas négliger :

  • Fonctionnement de la boîte de vitesses sur tous les rapports
  • Test des systèmes électroniques embarqués et multimédia
  • Vérification de l'absence de voyants d'alerte à froid comme à chaud
  • Observation attentive de l'échappement à froid et en charge
  • Écoute des bruits moteur dès la mise en route

L'historique d'entretien, votre meilleure protection

Un carnet de révisions total et tamponné vaut de l'or. Cherchez les interventions répétées sur les mêmes organes : c'est le signe d'un problème chronique jamais vraiment résolu. Des ajouts d'huile fréquents mentionnés dans les factures ? Fuyez, surtout sur un 1.2 TCe. Vérifiez aussi que tous les rappels constructeur ont été réalisés : sur les motorisations problématiques, ces campagnes sont parfois décisives.

Demandez systématiquement le certificat de non-gage, les justificatifs des rappels effectués, les factures des réparations notables et le contrôle technique le plus récent. Un vendeur qui hésite à fournir ces documents vous dit déjà quelque chose.

Les moteurs du Kadjar qui méritent votre confiance

Première génération : les diesels tiennent la route

Le 1.5 dCi 110 ch a construit sa réputation sur des centaines de milliers de véhicules Renault avant même d'arriver sur le Kadjar. Fiable, économique, robuste sur les longs trajets : c'est le choix de raison pour les gros rouleurs. Le 1.6 dCi 130 ch offre davantage de dynamisme avec un bilan de fiabilité satisfaisant. Quelques cas isolés existent, mais rien de comparable à la systématicité des pannes des moteurs essence cités plus haut.

Kadjar restylé : les valeurs du Blue dCi et du 1.3 TCe tardif

Le 1.5 Blue dCi 115 ch modernise le célèbre diesel de Renault tout en intégrant les normes antipollution récentes. Sa fiabilité reste dans la continuité de son prédécesseur : excellente pour les kilomètres autoroutiers, avec une consommation maîtrisée. Côté essence, les versions du 1.3 TCe produites après 2022 bénéficient des correctifs apportés sur les premiers exemplaires et offrent un équilibre performances-solidité nettement amélioré. À considérer avec prudence, mais sans rejet catégorique.

Quelle stratégie adopter pour acheter un Kadjar sans mauvaise surprise

Choisir le bon millésime selon la génération

Pour la première génération (2015-2019) : zéro compromis sur le 1.2 TCe 130 ch, quelle que soit l'occasion. Orientez-vous vers les diesels dCi, idéalement sur des millésimes 2018 ou 2019 en fin de série. Pour le Kadjar restylé (2019-2022), les diesels Blue dCi restent la valeur la plus sûre. Si vous tenez à l'essence, évitez les premières productions 2019-2020 du 1.3 TCe et privilégiez des exemplaires récents avec correctifs documentés.

Les vérifications qui font la différence

Quatre étapes non négociables avant de signer :

  1. Contrôle technique récent : toute anomalie liée à la dépollution mérite investigation approfondie, car elle peut masquer un problème moteur sous-jacent plus sérieux.
  2. Essai complet : ville, route, voie rapide. Les défauts liés à l'injection ou au turbo ne se manifestent souvent que sous charge soutenue ou en régime stabilisé.
  3. Documentation complète : carnet d'entretien, factures, justificatifs de rappels, certificat de non-gage et situation administrative irréprochable.
  4. Inspection mécanique indépendante : faire examiner le véhicule par un mécanicien de confiance ou un expert automobile coûte entre 100 et 200 euros. Face à une réparation potentielle à 6 000 euros, c'est le meilleur investissement possible.

Moteurs fiables du Kadjar : ce que vous pouvez acheter sereinement

Le Kadjar n'est pas condamné à la panne. Bien choisi, c'est un SUV compact qui tient ses promesses. Les diesels dCi, dans leurs distinctes déclinaisons, forment le socle solide de cette gamme. Ils consomment raisonnablement, encaissent les kilomètres et ne réservent pas de mauvaises surprises coûteuses à ceux qui respectent les intervalles d'entretien.

Payer 2 000 euros de plus pour un exemplaire diesel bien entretenu plutôt que de craquer pour un 1.2 TCe essence affiché à prix attractif : ce calcul mérite d'être fait avant tout engagement. La décote sur les motorisations problématiques n'est pas un cadeau, c'est un signal d'alarme déguisé. Le marché de l'occasion intègre souvent ces risques dans le prix, mais rarement à la hauteur des réparations réelles. Gardez cela en tête.

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