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Peugeot 5008 : 6 moteurs à absolument éviter

// 17 juin 2026 // 10 min
Peugeot 5008 : 6 moteurs à absolument éviter

Le Peugeot 5008 affiche un bilan commercial impressionnant depuis son lancement en 2009 : des centaines de milliers d'exemplaires vendus en Europe, une clientèle familiale conquise par son habitabilité et ses équipements. Pourtant, certaines motorisations de ce SUV ont infligé des factures dépassant 4 000 euros à leurs propriétaires, souvent hors garantie. Voici ce que tout acheteur devrait savoir avant de signer.

Moteur Période Défaut premier Coût estimé Risque
1.6 THP 156ch 2009-2012 Pompe à huile 3 000-5 000 € ⚠️⚠️⚠️ Très élevé
1.6 HDi 110ch 2009-2012 Turbo + injection 2 000-4 000 € ⚠️⚠️⚠️ Très élevé
1.6 HDi 112ch 2009-2013 Injecteurs + turbo 1 500-3 000 € ⚠️⚠️⚠️ Très élevé
1.2 PureTech 130ch 2017-2019 Consommation d'huile 1 500-3 000 € ⚠️⚠️ Élevé
1.5 BlueHDi 130ch 2017-2020 Chaîne de distribution 1 200-2 500 € ⚠️⚠️ Élevé
1.2 PureTech EB2 2023-2024 Poulie déphaseur 800-1 500 € ⚠️ Modéré

Génération 2009-2017 : les motorisations qui ont coûté cher à leurs propriétaires

La première mouture du 5008 a séduit les familles françaises avec son espace généreux et ses sept places. Derrière cette générosité, plusieurs moteurs cachaient des failles structurelles que les ateliers ont fini par bien connaître.

1.6 HDi 110ch : un diesel fragilisé dès ses débuts

Sur le papier, ce bloc diesel issu du groupe PSA semblait rodé. Dans les faits, les premiers millésimes du 5008 ont révélé une fragilité chronique. Le turbocompresseur lâche parfois dès 80 000 km, bien avant que la plupart des propriétaires n'anticipent une telle dépense. Le système d'injection suit souvent peu après : le remplacement complet des injecteurs dépasse seul les 2 000 euros.

Ce qui aggrave la situation, c'est que ces pannes se cumulent. Un turbo, puis des injecteurs, puis une fiabilité générale qui s'effrite... La facture totale grimpe vite jusqu'à 4 000 euros. Je déconseille franchement ce moteur, surtout sur les exemplaires antérieurs à 2012 et affichant plus de 100 000 km au compteur.

1.6 HDi 112ch : presque le même moteur, presque les mêmes problèmes

L'ajout d'un alterno-démarreur distingue ce bloc de son prédécesseur, mais les défauts de fond restent similaires. Les injecteurs grippent, leurs joints se détériorent prématurément et des fuites de carburant apparaissent. Le filtre à particules encrassé multiplie les régénérations forcées, accélérant l'usure. Le volant moteur souffre particulièrement en usage urbain, un contexte pourtant courant pour un véhicule familial.

Les symptômes arrivent parfois légèrement plus tard que sur le 110ch, mais la trajectoire reste identique. Un acheteur qui mise sur cette version pour "faire une bonne affaire" risque de déchanter rapidement.

1.6 THP 156ch : l'essence co-développée avec BMW qui déçoit

Ce moteur essence, fruit d'une collaboration entre PSA et BMW, promettait dynamisme et modernité. La réalité mécanique a été bien plus sombre. La pompe à huile présente un taux de défaillance anormalement élevé sur les versions 2009-2012 : quand elle cède, le moteur peut subir des dommages irréversibles. Des propriétaires ont témoigné de factures dépassant 4 000 euros pour une remise en état intégrale.

La chaîne de distribution fragilise également ces exemplaires. Les signes avant-coureurs sont clairs : claquements métalliques au démarrage à froid, à-coups à l'accélération, niveau d'huile qui chute entre deux vidanges. Si vous croisez un 5008 THP de cette période, prenez vos jambes à votre cou, sauf inspection mécanique complète par un professionnel indépendant.

BVA 6 rapports avant 2012 : une boîte automatique à risque

Moins évoquée que les moteurs, cette transmission automatique à six rapports constitue pourtant l'un des points noirs de la première génération. Les défaillances mécaniques internes apparaissent habituellement entre 80 000 et 120 000 km. L'huile présentée comme "à vie" par le constructeur doit en réalité être changée tous les 60 000 km environ, faute de quoi l'usure s'accélère drastiquement.

Une réfection complète de cette boîte approche les 5 000 euros. Les interventions partielles n'offrent souvent qu'un répit temporaire avant une nouvelle panne. Sur ce point, l'entretien préventif aurait pu éviter bien des drames, mais encore fallait-il que les propriétaires soient informés.

Monospace Peugeot bleu gris roulant sur route campagnardeVolkswagen Touran bleu stationné face aux montagnes alpines

Génération 2017-2024 : trois moteurs qui demandent une vigilance accrue

Le passage au format SUV en 2017 a modernisé le 5008 en profondeur. Ce renouveau stylistique et technique ne signifie pas pour autant un sans-faute côté fiabilité. Trois motorisations méritent une attention particulière.

1.2 PureTech 130ch : le trois-cylindres qui boit de l'huile

Ce petit moteur trois cylindres séduit par ses consommations annoncées et son couple disponible. Les premiers millésimes de cette version dans le 5008 (2017-2019) ont pourtant posé un problème bien documenté : une consommation d'huile excessive qui peut nécessiter un appoint tous les 2 000 ou 3 000 km. Des fumées bleues à l'accélération franche, des vibrations au ralenti, des calages par temps froid... autant de signaux que les ateliers connaissent désormais par cœur.

Une réfection moteur complète peut atteindre 5 000 euros sur ces versions. Même si Stellantis a progressivement amélioré ce bloc sur les millésimes suivants, il faut rester vigilant sur tout exemplaire antérieur à mi-2019.

1.5 BlueHDi 130ch : la chaîne de distribution, un point faible à surveiller

Ce diesel moderne a adopté une configuration 16 soupapes plus complexe que l'ancienne version 8 soupapes. Cette évolution technique a mis en lumière une sensibilité de la chaîne de distribution, susceptible de s'user prématurément sur les exemplaires produits entre 2017 et 2020. La réparation coûte entre 1 200 et 2 500 euros selon l'étendue des dommages, ce qui reste significatif pour un véhicule d'occasion.

Après 2019, les améliorations apportées par l'ingénierie Stellantis ont largement corrigé ce point. Un exemplaire récent de ce moteur offre un tout autre niveau de sérénité.

1.2 PureTech EB2 : un défaut de poulie corrigé début 2024

Sur les unités produites jusqu'au 17 février 2024, ce moteur de deuxième génération a présenté un défaut de positionnement des vis de poulie déphaseur. Conséquence directe : des pertes de puissance et l'allumage du voyant moteur. La bonne nouvelle, c'est que Stellantis a identifié le problème et modifié la conception de la poulie en janvier 2024. Les exemplaires fabriqués après cette date ne sont pas concernés. Si vous achetez un 5008 équipé de ce moteur, vérifiez simplement que le rappel a bien été effectué.

Décrypter l'état d'un moteur avant l'achat

Ce que l'essai routier vous révèle

Un essai bien mené détecte beaucoup. À froid, tendez l'oreille vers les claquements métalliques caractéristiques d'une chaîne de distribution distendue. Un sifflement persistant trahit souvent un turbo en fin de vie. Observez l'échappement lors d'une accélération franche : des fumées bleues signalent une consommation d'huile active. Un ralenti saccadé ou des à-coups à la remise des gaz méritent aussi toute votre attention.

Regardez sous le véhicule après quelques minutes de chauffe. Des traces de fuites, même légères, indiquent fréquemment un problème sous-jacent. Le niveau d'huile anormalement bas sur un moteur récemment révisé est un signal d'alarme immédiat.

Ce que le carnet d'entretien révèle

Un historique d'entretien complet reste votre meilleure protection. Recherchez les interventions répétées sur un même organe : un injecteur changé deux fois, c'est révélateur. Des vidanges très rapprochées trahissent une consommation d'huile compensée manuellement. Vérifiez également l'application des rappels constructeur, notamment pour le PureTech EB2. Un véhicule suivi exclusivement dans le réseau officiel Peugeot garantit la traçabilité et l'utilisation de pièces d'origine.

Quels moteurs du 5008 méritent vraiment votre confiance ?

Heureusement, tous les blocs du 5008 ne sont pas à proscrire. Sur la première génération, le 1.6 HDi 115ch représente une version assainie du diesel problématique : les défauts d'injection et de distribution ont été corrigés. Le 2.0 HDi 150ch et 163ch s'adresse aux gros rouleurs : une fois le rappel constructeur sur la pompe à huile effectué, ce moteur affiche une robustesse appréciable.

Sur la deuxième génération, le 1.6 BlueHDi 120ch offre un équilibre convaincant entre sobriété et endurance. Le 1.5 BlueHDi 130ch à partir de 2019 bénéficie des corrections techniques évoquées plus haut. Quant au 1.6 PureTech 180ch disponible après 2019, il associe performances et durabilité améliorée par rapport aux premières versions de cette famille de moteurs.

Acheter un 5008 d'occasion sans mauvaises surprises

Deux dates clés structurent le marché du 5008 d'occasion : 2013 pour la première génération, année à partir de laquelle les principaux défauts des moteurs diesel et essence ont été traités, et 2019 pour la seconde génération, marquant la stabilisation du PureTech et du BlueHDi. Cibler des millésimes post-restylage, c'est s'éviter une large partie des déconvenues documentées dans cette publication.

Exiger un historique complet n'est pas négociable. Un vendeur qui ne peut pas fournir de carnet, même partiel, mérite la plus vaste méfiance. Prévoyez aussi un budget d'entretien préventif : vidanges courtes sur les moteurs sensibles, surveillance régulière du niveau d'huile sur le PureTech, contrôle de distribution sur le BlueHDi. Ces gestes simples peuvent repousser une panne majeure de plusieurs années. Sur un moteur moderne dont la complexité informatique embarquée se rapproche parfois d'un vrai calcul de précision, négliger l'entretien préventif revient à jouer avec le feu. Un acheteur informé qui cible le bon millésime et suit un carnet rigoureux peut tirer d'un 5008 plusieurs centaines de milliers de kilomètres sans douleur financière excessive.

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