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Nissan Qashqai : 7 moteurs à éviter absolument

// 13 juin 2026 // 17 min
Nissan Qashqai : 7 moteurs à éviter absolument

Plus de 3 millions de Qashqai écoulés en Europe depuis 2007 : le chiffre parle de lui-même. Ce SUV compact nippon a littéralement redéfini les attentes des conducteurs européens. Pourtant, derrière ce palmarès commercial impressionnant se cachent des motorisations qui ont fait (et font encore) des ravages dans les budgets de leurs propriétaires. Avant de signer un bon de commande ou de tendre la main sur un exemplaire d'occasion, voici ce que vous devez absolument savoir.

Le tableau ci-dessous synthétise les motorisations qui posent le plus de problèmes, classées par niveau de risque :

Moteur Période Problème principal Coût réparation Niveau de risque
1.2 DIG-T 115ch 2014-2020 Vice de fabrication reconnu 4000-7000€ 🔴 Très élevé
2.0 dCi 150ch 2007-2013 Chaîne de distribution + FAP 3000-6000€ 🔴 Très élevé
1.5 dCi 106/110ch 2007-2013 Consommation d'huile excessive 2000-4000€ 🔴 Très élevé
1.5 dCi 110/115ch 2014-2020 Injecteurs + turbo 1500-3000€ 🟠 Élevé
1.6 DIG-T 163ch 2014-2020 Sonde lambda + chaîne 1000-2000€ 🟠 Élevé
1.3 DIG-T Mild Hybrid 2021-2024 Système hybride défaillant 1200-2500€ 🟡 Modéré
1.3 DIG-T 140/158ch 2021-2023 Ralenti instable + sonde 800-1500€ 🟡 Modéré

Qashqai première génération (2007-2013) : deux blocs diesel à fuir

Le premier Qashqai a ouvert la voie aux crossovers compacts en Europe, mais cette pionnière porte les cicatrices de ses erreurs de conception. Les motorisations diesel de cette période concentrent l'essentiel des défaillances chroniques, et certaines peuvent transformer un achat apparemment malin en gouffre financier.

1.5 dCi 106/110 ch : le bloc le plus redoutable à l'occasion

Codéveloppé avec Renault, ce diesel 1.5 cumule les mauvaises surprises dès que le kilométrage grimpe. La consommation d'huile pathologique représente le premier signal d'alarme : certains exemplaires avalent jusqu'à 1 litre tous les 1 000 km, ce qui suffit à détruire le moteur en cas d'inattention. Je déconseille fortement de l'acheter sans historique d'entretien complet.

Les injecteurs lâchent régulièrement entre 60 000 et 80 000 km. Le turbo suit de près, avec des durites qui se fissurent et provoquent des pertes de puissance brutales. Le volant moteur bi-masse génère des vibrations marquées au ralenti, et la distribution capricieuse peut mener à la casse totale si le tendeur flanche. Les témoignages de propriétaires font état de factures entre 3 000 et 4 000 euros sur ces moteurs. C'est cher pour un véhicule acheté d'occasion.

2.0 dCi 150 ch : la puissance qui cache mal ses défauts structurels

Positionné comme le diesel haut de gamme de la première génération, ce bloc souffre d'un problème rédhibitoire : sa chaîne de distribution se détend prématurément, souvent avant 100 000 km. Sur un moteur censé durer 250 000 km, c'est un vice de conception difficilement pardonnable.

Le filtre à particules se colmate fréquemment sur les usages urbains, et la pompe haute pression tombe en panne avec une régularité inquiétante. Le volant moteur bi-masse présente un taux de défaillance anormalement élevé sur cette motorisation. Résultat : des interventions pouvant dépasser 6 000 euros sur les exemplaires à fort kilométrage. Franchement, à ce prix, autant acheter un autre véhicule.

SUV Nissan rouge dans la neige, forêt enneigée en arrière-planSUV Nissan Qashqai rouge garé dans un parc verdoyant

Qashqai deuxième génération (2014-2020) : trois motorisations qui ont terni la réputation du modèle

La refonte stylistique de 2014 a offert un Qashqai plus modern, plus premium. Hélas, les nouvelles motorisations essence censées prendre le relais des diesels problématiques ont introduit des défauts inédits, parfois encore plus coûteux que ceux de la génération précédente.

1.2 DIG-T 115 ch : le scandale industriel que Nissan préférerait oublier

L'UFC-Que Choisir a officiellement reconnu un vice de fabrication sur ce moteur, touchant plus de 400 000 véhicules. C'est l'un des dossiers les plus embarrassants de l'industrie automobile française de la décennie 2010. Une procédure judiciaire collective a même été engagée contre les constructeurs concernés.

La surconsommation d'huile commence dès la sortie d'usine, sans attendre que le véhicule vieillisse. La chaîne de distribution rend l'âme autour de 80 000 km, là où elle aurait dû tenir 300 000 km selon les préconisations constructeur. Le turbocompresseur tombe en panne fréquemment, pour un remplacement facturé environ 1 800 euros. Dans les cas les plus graves, le moteur part en destruction complète avant d'avoir atteint 100 000 km. Le coût total peut grimper jusqu'à 7 000 euros pour un échange moteur neuf. À éviter absolument, sans la moindre hésitation.

1.6 DIG-T 163 ch : moins catastrophique, mais pas exempt de reproches

Cette version plus musclée échappe au scandale du 1.2, mais elle n'est pas pour autant irréprochable. La sonde lambda constitue son talon d'Achille : elle lâche régulièrement et sa rétablissement coûte entre 200 et 300 euros à chaque fois. Fréquemment. Le système stop & start multiplie les pannes électroniques, et le tendeur de chaîne mérite une surveillance régulière.

Une consommation d'huile modérée s'observe sur certains exemplaires. Ce n'est pas dramatique, mais cela impose un suivi mensuel du niveau. Les frais d'entretien imprévus oscillent entre 1 000 et 2 000 euros selon l'ancienneté du véhicule. Ce bloc demande une discipline mécanique que peu d'acheteurs anticipent réellement.

1.5 dCi 110/115 ch : le diesel récidiviste de la deuxième génération

Nissan a présenté cette version comme une évolution assainie du 1.5 dCi original. Dans les faits, les défauts de jeunesse persistent sur les premiers millésimes. Les injecteurs restent fragiles et nécessitent des remplacements récurrents. Le turbo souffre toujours de durites d'admission qui se fissurent sous l'effet de la chaleur.

Le filtre à particules se colmate dès que le conducteur roule principalement en ville. Plus grave : la pompe haute pression peut générer de la limaille métallique dans le circuit d'injection, ce qui entraîne une réparation globale très onéreuse. Comptez entre 1 500 et 3 000 euros selon la nature exacte de la défaillance. Les versions postérieures à 2017 corrigent une bonne partie de ces travers, mais les premiers millésimes restent risqués.

SUV bleu Nissan Qashqai sur route côtière avec vue océan

Qashqai troisième génération (2021+) : deux motorisations à surveiller de près

La refonte de 2021 devait marquer le retour de Nissan à ses valeurs fondatrices : fiabilité et durabilité. Les progrès sont réels par rapport aux générations antérieures. Deux motorisations des premières séries méritent par contre une vigilance particulière, notamment sur les véhicules produits en 2021 et 2022.

1.3 DIG-T 140/158 ch : des débuts perfectibles sur les millésimes 2021-2022

Développé en partenariat avec Renault, ce bloc équipe la grande majorité des Qashqai actuels. Il est incomparablement plus fiable que le catastrophique 1.2 DIG-T. Mais sur les premières séries, plusieurs propriétaires ont rapporté des ralentis instables à froid, particulièrement sur les véhicules immatriculés en 2021 et début 2022.

La sonde lambda montre des signes de faiblesse prématurée sur ces millésimes. Des calages sporadiques par temps froid ou après un stationnement long ont été signalés. Des vibrations inhabituelles au ralenti trahissent parfois une usure prématurée des supports moteur. Ces désagréments génèrent des dépenses supplémentaires comprises entre 800 et 1 500 euros. Les millésimes 2023 et plus récents montrent des améliorations notables, ce qui est rassurant.

1.3 DIG-T Mild Hybrid : la technologie 48V qui bégaie sur les premières séries

Le système mild hybrid promettait une optimale efficacité à la pompe. Sur le papier, l'idée est bonne. En pratique, l'alterno-démarreur 48V, composant central du dispositif, tombe en panne prématurément sur les véhicules de 2021-2022. Le système de récupération d'énergie génère des dysfonctionnements électroniques que les diagnostics coûteux peinent parfois à localiser précisément.

Le stop & start cesse de fonctionner sur certains exemplaires, et l'assistance électrique disparaît lors des accélérations, réduisant les performances ressenties. Le remplacement de l'alterno-démarreur 48V représente la réparation la plus lourde, entre 1 200 et 2 500 euros. Ces problèmes touchent essentiellement les véhicules de la toute première production. Le recul manque encore pour un verdict définitif sur les séries plus récentes, mais les tendances sont encourageantes.

Repérer un moteur douteux avant de signer : la méthode terrain

Une inspection rigoureuse peut vous faire économiser plusieurs milliers d'euros. Voici comment procéder, sans matériel spécialisé.

Ce que vos yeux peuvent révéler en quelques minutes

Débutez impérativement par le niveau d'huile moteur, surtout sur les 1.2 DIG-T et les 1.5 dCi de première génération. Un niveau anormalement bas ou une huile noirâtre et visqueuse révèle des problèmes internes graves. Les traces de fuite sous le véhicule signalent des joints défaillants ou un turbo qui perd de l'huile. Vérifiez l'état des durites du circuit d'admission : les fissures sont fréquentes sur les diesels turbos.

Au démarrage et lors des premières accélérations, observez attentivement l'échappement. Des fumées bleues caractérisent une consommation d'huile excessive, défaut cardinal du 1.2 DIG-T et du 1.5 dCi première génération. Des fumées noires épaisses pointent vers un turbo défaillant. Un échappement propre et incolore est le signe que vous recherchez.

Écouter le moteur : un diagnostic gratuit souvent sous-estimé

À froid, les claquements métalliques au démarrage sonnent l'alarme sur une chaîne de distribution détendue, problème récurrent du 2.0 dCi. Un sifflement aigu lors des accélérations indique un turbo en fin de vie sur n'importe quel diesel de cette gamme. Des bruits de ferraille au ralenti trahissent une distribution usée prématurément.

Un ralenti irrégulier ou saccadé oriente vers des injecteurs encrassés ou une sonde lambda défaillante. Ces bruits disparaissent normalement après quelques minutes de chauffe sur un moteur sain. S'ils persistent au-delà de cinq minutes, prenez vos jambes à votre cou (ou votre stylo de négociation).

L'historique d'entretien : le document qui ne ment pas

Exiger un carnet d'entretien complet avec les factures n'est pas une lubie de maniaque : c'est du bon sens. Des vidanges rapprochées trahissent une consommation d'huile excessive, marque de fabrique du 1.2 DIG-T. Des changements répétés d'injecteurs signalent une défaillance chronique du système d'injection. Plusieurs remplacements de sonde lambda sur un même véhicule révèlent un problème structurel non résolu.

Vérifiez également que les rappels constructeur ont bien été effectués. Un véhicule avec des rappels en suspens sur des organes critiques représente un risque financier évitable. Ce point est souvent négligé par les acheteurs pressés, à leurs dépens.

Les motorisations Qashqai qui tiennent la route : les bons choix d'occasion

Tout n'est pas noir dans l'histoire du Qashqai. Certains blocs ont accumulé les kilomètres sans sourciller.

Première génération : le 1.6 essence atmosphérique, valeur refuge absolue

Pas de turbo, injection indirecte élémentaire, mécanique accessible : le 1.6 essence atmosphérique représente la motorisation la plus fiable de la première génération, sans discussion possible. De nombreux exemplaires dépassent les 200 000 km sans panne majeure. Sa consommation tourne autour de 7 à 8 litres aux 100 km en usage mixte, ce qui reste raisonnable pour un SUV de cette taille. Les pièces de rechange sont abordables et trouvables facilement. Pour des trajets urbains et périurbains, c'est le choix le plus sage.

Deuxième génération : le 1.3 DIG-T post-2018, la rédemption en essence

À partir de 2018, Nissan a introduit le 1.3 DIG-T, développé conjointement avec Renault. Ce moteur corrige enfin les défauts catastrophiques du 1.2 DIG-T : consommation d'huile normalisée, chaîne correctement dimensionnée, turbo fiabilisé. Décliné en 140 et 158 ch, il affiche une consommation mixte de 6 à 7 litres aux 100 km. Pour les amateurs de diesel, le 1.5 dCi produit après 2017 est acceptable, à condition d'un entretien rigoureux et d'un suivi rapproché du turbo et des injecteurs. En revanche, fuyez impérativement les Qashqai 2 équipés du 1.2 DIG-T entre 2014 et 2017 : le risque financier ne se justifie pas, même avec une décote notable.

Troisième génération : la technologie e-Power, pari tenu pour l'instant

La motorisation e-Power, qui utilise le moteur thermique comme générateur pour alimenter le moteur électrique qui propulse le véhicule, constitue l'innovation majeure de la troisième génération. Cette technologie affiche moins de 6 litres aux 100 km en usage mixte, et les premiers retours d'expérience confirment sa fiabilité. Issue de marchés japonais où elle a déjà fait ses preuves sur d'autres modèles Nissan, elle bénéficie d'une maturité technique rassurante. Les pièces d'usure sont moins nombreuses que sur une motorisation conventionnelle. Le recul reste limité sur le marché européen, mais les signaux sont positifs.

Acheter un Qashqai d'occasion sans se faire avoir : stratégie concrète

Disposer d'une technique claire fait toute la différence entre un achat réussi et une mauvaise expérience coûteuse.

Cibler les bons millésimes selon la génération

Pour la première génération, les modèles produits entre 2010 et 2013 bénéficient des corrections apportées lors du restylage et présentent moins de défauts que les tout premiers exemplaires. Sur la deuxième génération, la règle est simple : rien avant 2018 en essence, sauf si vous souhaitez prendre un risque calculé avec le 1.6 DIG-T. Sur la troisième génération, préférez les millésimes 2023 et ultérieurs pour les versions Mild Hybrid, qui ont bénéficié des corrections des premiers défauts. Voici un récapitulatif opérationnel :

  • 2022 et plus récents : troisième génération avec corrections hybrides intégrées
  • 2018-2020 : deuxième génération fiable grâce au 1.3 DIG-T, éviter tout ce qui précède 2018
  • 2010-2013 : première génération corrigée, les tout premiers millésimes 2007-2009 restent risqués

Négocier intelligemment face à une motorisation à risque

Si vous êtes face à un Qashqai équipé d'un moteur figurant dans la liste noire, une décote de 2 000 à 3 000 euros sur un 1.2 DIG-T se justifie pleinement, compte tenu des réparations potentielles. Sur un 1.5 dCi de première génération, demandez entre 1 000 et 1 500 euros de rabais. Exigez systématiquement un historique d'entretien exhaustif avec factures détaillées : c'est une condition non négociable. Une extension de garantie couvrant le moteur, le turbo et l'injection sur 12 à 24 mois minimum protège votre investissement. Les concessionnaires acceptent fréquemment ces conditions en bref une vente.

Adapter son entretien à son moteur pour prolonger sa durée de vie

Une fois propriétaire, la stratégie d'entretien change selon le bloc motorisation. Sur un 1.2 DIG-T, passez en vidange tous les 7 500 km maximum et vérifiez le niveau d'huile chaque mois, sans exception. Sur les diesels de première génération, renforcez les contrôles du turbo et des injecteurs à chaque révision. Pour les diesels récents, l'utilisation d'additifs anti-encrassement et le nettoyage préventif du FAP limitent les colmatages liés aux trajets courts. Sur tous les moteurs sans exception, une huile haute qualité conforme aux préconisations constructeur n'est pas une option : c'est une obligation.

Ce que révèle le parcours chaotique des motorisations Qashqai sur la fiabilité automobile en général

L'histoire mécanique du Qashqai illustre une tension permanente dans l'industrie automobile : la pression commerciale qui pousse à lancer des technologies insuffisamment mûries. Le 1.2 DIG-T n'aurait jamais dû quitter les chaînes de production dans cet état, et 400 000 clients en ont fait les frais. Cette réalité dépasse largement le seul cas Nissan.

Si vous achetez un véhicule récent embarquant une technologie nouvelle (hybridation légère, injection nouvelle génération, turbo à géométrie variable), attendez systématiquement deux à trois ans et les premiers retours terrain avant de vous engager. Les millésimes de lancement sont presque toujours les cobayes involontaires des mises au point que le constructeur aurait dû boucler en usine. Par ailleurs, pensez à vous renseigner sur le traitement et le recyclage des équipements électroniques défectueux si vous devez remplacer des composants hybrides : les règles entourant les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) imposent des filières spécifiques qui concernent directement les alterno-démarreurs 48V et autres composants de l'électronique embarquée. C'est un point que peu d'automobilistes connaissent, mais qui peut simplifier la gestion des pièces défectueuses lors d'une réparation.

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