Le Dacia Van Stepcamper a débarqué sur le marché en 2024 avec un argument massue : proposer un van aménagé homologué camping-car pour moins de 25 000 euros. Dans un segment où les prix s'envolent facilement au-delà de 50 000 euros, l'annonce a fait l'effet d'une bombe. Mais que vaut vraiment ce van compact roumain face aux alternatives établies ? Voici un test produit sans concessions.
Aménagement et habitabilité : ce que Dacia a (vraiment) mis dedans
Le Stepcamper repose sur le Dacia Jogger, ce break familial à 7 places transformé en micro-camping-car. La plateforme CMF-B de l'Alliance Renault-Nissan sert de base, ce qui garantit une fiabilité mécanique éprouvée. L'espace de vie se résume à l'essentiel : une banquette arrière convertible en couchage de 185 cm, un mini-plan de travail équipé d'un évier, et des rangements sous le plancher surélevé.
Franchement, l'habitabilité reste mesurée. La hauteur sous plafond ne dépasse pas 1,15 mètre en position couchée, ce qui signifie concrètement qu'on s'habille accroupi. Pour deux adultes grands, la cohabitation demande une certaine souplesse. L'espace de rangement total atteint environ 200 litres, suffisant pour un week-end, juste pour une semaine complète.
Le kit cuisine intègre un réchaud à gaz une plaque, une petite glacière, et des tiroirs bien pensés. Rien de luxueux, mais tout est fonctionnel et solidement assemblé. Dacia a clairement optimisé chaque centimètre carré, sans chercher à impressionner avec des finitions haut de gamme. C'est pragmatique, comme souvent chez la marque.
Voici les équipements inclus de série dans le Stepcamper :
- Couchage double 185 x 112 cm (configuration nuit)
- Réchaud gaz une plaque avec bouteille 450 g
- Évier avec réservoir d'eau claire de 10 litres
- Glacière électrique 15 litres
- Éclairage LED intérieur 12V
- Prises USB et 12V pour recharge d'appareils
- Store occultant toutes vitres
Motorisation et comportement sur route : le van compact dans son élément
Le Stepcamper hérite des motorisations du Jogger. En Europe, la version la plus vendue embarque le moteur TCe 110 ch essence, suffisant pour le quotidien et les autoroutes, mais qui montre ses limites chargé en côte. La boîte manuelle 6 vitesses reste bien étagée. Pour ceux qui roulent beaucoup, la version bi-carburant GPL (110 ch également) mérite vraiment l'attention : le coût au kilomètre chute de façon significative.
Sur route, la conduite reste celle d'une voiture familiale. C'est précisément l'avantage décisif du Stepcamper face aux vrais fourgons aménagés : on le gare dans n'importe quel parking souterrain, on l'emmène sur des routes étroites de montagne sans stress, et la consommation tourne autour de 7 litres aux 100 km en essence. Un Volkswagen California consomme environ 9 à 10 litres pour des performances similaires.
La hauteur totale du véhicule reste inférieure à 1,80 mètre, ce qui le différencie radicalement d'un Citroën SpaceTourer ou d'un Ford Transit Custom Nugget. Ce format "car-camper" change vraiment l'expérience de conduite au quotidien, surtout pour ceux qui utilisent leur van comme véhicule principal.
| Modèle | Prix de départ | Longueur | Hauteur totale | Couchage |
|---|---|---|---|---|
| Dacia Van Stepcamper | ~24 900 € | 4,55 m | 1,78 m | 2 adultes |
| Volkswagen California Beach | ~58 000 € | 4,90 m | 1,99 m | 2-4 adultes |
| Ford Transit Custom Nugget | ~65 000 € | 5,34 m | 2,01 m | 2-4 adultes |
| Citroën Holidays | ~36 000 € | 4,75 m | 1,90 m | 2 adultes |
Les limites du Dacia van aménagé : ce qu'il faut savoir avant d'acheter
Soyons directs. L'absence de toilettes et de douche est la principale contrainte du Stepcamper. Pour des nuits en camping avec sanitaires, aucun problème. Pour du bivouac sauvage en autonomie complète, il faudra s'adapter ou investir dans des solutions tierces (douche de camping portative, toilettes sèches). Ce n'est pas un campeur pour la traversée de la Scandinavie en totale autarcie.
Autre point à anticiper : la capacité en eau potable se limite à 10 litres. C'est correct pour deux jours, insuffisant pour une semaine sans ravitaillement. Les concurrents directs comme le Citroën Holidays proposent habituellement 15 à 20 litres. Petite différence sur le papier, grande différence en utile quand on est à 30 km du prochain point d'eau.
Le réseau après-vente Dacia, avec plus de 700 points de service en France, reste un avantage concret pour la maintenance. Les pièces coûtent moins cher qu'un California, et n'importe quel garage agréé peut intervenir. C'est un argument souvent sous-estimé lors de l'achat.
Personnaliser son Stepcamper pour le rendre vraiment autonome
Le vrai potentiel du Stepcamper se révèle avec quelques accessoires ciblés. Dacia propose un catalogue d'options officielles, mais le marché des accessoires tiers explose depuis le lancement du modèle. Ajouter un panneau solaire de 100 Wc sur le toit prolonge l'autonomie électrique de façon notable, notamment pour la glacière. Le coût de cette installation tourne autour de 300 à 400 euros en DIY.
Pour les adeptes de bivouac, une tente de toit compatible (plusieurs fabricants européens proposent des modèles adaptés au Jogger) transforme radicalement les capacités d'hébergement. Le véhicule supporte une charge de toit de 80 kg, suffisant pour la plupart des modèles du marché.
La vraie question stratégique reste celle du budget global. À 24 900 euros, le Stepcamper constitue un point d'entrée difficile à contester pour qui veut voyager aménagé sans se ruiner. Ajoutez 1 500 euros d'accessoires bien choisis, et vous obtenez un véhicule polyvalent capable d'enchaîner week-ends et vacances estivales sans compromis majeur. Pour des séjours itinérants d'une à deux semaines en couple, c'est honnêtement le rapport qualité-prix le plus cohérent du segment compact aujourd'hui.