Un échange d'aliments simple réduirait la tension : ScienceAlert

Un échange d’aliments simple réduirait la tension

En Australie, près d’un adulte sur trois souffre d’hypertension artérielle, une condition souvent exacerbée par l’excès de sel (sodium) dans l’alimentation. Pourtant, malgré des décennies de recommandations, réduire la consommation de sel reste un défi pour la population. Face à cette difficulté de changer les habitudes culinaires, une solution simple et efficace surgit : le sel enrichi en potassium. Ce substitut se présente comme une alternative pratique au sel traditionnel, sans différence majeure de goût pour la plupart des consommateurs.

Ce sel innovant combine le sodium et le potassium, et se révèle être un allié précieux dans la lutte contre l’hypertension artérielle. Non seulement il réduit l’apport en sodium, mais il accroît également l’intake de potassium, un minéral essentiel souvent tiré des fruits et légumes et qui joue un rôle clé dans la régulation de la pression artérielle.

Des études cliniques rigoureuses démontrent l’efficacité de ce sel alternatif. L’une d’elle, une étude randomisée portant sur 20 995 personnes, indique que le passage au sel enrichi en potassium diminue la pression sanguine et réduit les risques d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus et de décès prématurés. Cette étude visait notamment des participants ayant un historique d’AVC ou âgés de 60 ans et plus avec une pression artérielle élevée. L’Organisation Mondiale de la Santé, dans son rapport mondial de 2023 sur l’hypertension, a souligné cette substitution comme une stratégie abordable pour minimiser les risques cardiovasculaires.

Pourquoi opter pour le sel enrichi en potassium

La réponse tient à sa faisabilité et son acceptation par les consommateurs. En dépit de l’abondance des conseils pour réduire le sodium, le sel enrichi en potassium offre une approche plus aisée, capable de s’inscrire durablement dans les habitudes alimentaires sans sacrifier le goût. De plus, ce sel est aujourd’hui recommandé par les lignes directrices chinoises et européennes, qui font écho à la nouvelle preuve scientifique.

Face à cette évidence, il est pourtant notable que peu de personnes ont intégré le sel enrichi en potassium dans leur régime. Cela peut s’expliquer par une méconnaissance des bienfaits d’une telle transition, mais aussi par la disponibilité limitée et des coûts de vente souvent supérieurs à ceux du sel classique, bien que cela reste un investissement mineur comparé à d’autres alimentations et certainement moins coûteux que bon nombre de sels « de fantaisie » actuels.

Mais la préoccupation principale soulignée par les spécialistes est le risque de développer une hyperkaliémie, notamment chez les personnes souffrant de maladies rénales sérieuses, environ 2 % de la population. Toute stratégie visant à inclure le sel enrichi en potassium doit donc accompagner les patients et les professionnels de santé avec des recommandations claires pour éviter tout risque.

Les initiatives pour généraliser le sel enrichi en potassium

Sur le plan international, des efforts sont déployés pour intégrer le sel enrichi dans la gastronomie mondiale, tout comme ce fut le cas avec le sel iodé, un grand succès de santé publique ayant contribué à prévenir le goitre et à améliorer les résultats éducationnels chez des millions d’enfants défavorisés. À l’instar de ce changement, la transition vers un sel à la fois iodé et enrichi en potassium pourrait représenter d’importantes avancées pour la santé globale.

En Australie, le ministre de la Santé a lancé en 2022 la Taskforce Nationale sur l’Hypertension, visant à améliorer le taux de contrôle de la pression artérielle de 32 % à 70 % d’ici 2030. La promotion du sel enrichi en potassium y est considérée comme un levier clé. Les chercheurs travaillent avec cette taskforce pour mettre à jour les directives de gestion de l’hypertension et pour encourager l’adoption de nouvelles lignes directrices par les professionnels de la santé.

Il convient maintenant de rendre ce sel plus accessible. Les parties prenantes s’engagent à augmenter la disponibilité de ces produits à travers le pays. Parallèlement, les dangers de l’hypertension et son influence sur les risques de développement de maladies neurodégénératives, comme l’Alzheimer, doivent être pris en compte dans les discussions pour une meilleure sensibilisation.

Un échange d'aliments simple réduirait la tension : ScienceAlert

Quel avenir pour l’hypertension et la prévention cardiaque ?

Les directives cliniques doivent continuellement s’adapter à l’évolution des preuves scientifiques. Actuellement, il est clair que le sel enrichi en potassium devrait gagner en visibilité au sein des recommandations pour le traitement et la gestion de l’hypertension. Si les autorités de santé peuvent promouvoir son utilisation sécuritaire, en prenant en compte les personnes à risque de développer une hyperkaliémie, l’impact sur la santé publique pourrait être notable.

Dans le contexte international, d’autres nations ont déjà recommandé l’utilisation du sel enrichi à toute leur population, notamment en reconnaissant les bénéfices importants qu’une telle mesure pourrait avoir. Une étude de modélisation a suggéré que près d’un demi-million d’AVC et d’infarctus pourraient être évités chaque année en Chine si la population adoptait le sel enrichi en potassium, testament de son potentiel préventif.

Le temps est un acteur clé dans cette démarche de changement. Alors que l’iodation du sel a pris près d’un siècle pour se généraliser, la transition vers un sel à la fois iodé et riche en potassium doit se faire bien plus rapidement pour répondre aux enjeux actuels de santé publique. À travers des collaborations internationales et de l’engagement au niveau des politiques de santé, une nouvelle page de l’histoire de la prévention des maladies cardiovasculaires et de l’hypertension est en cours de rédaction.